Parmi les 17 Objectifs de Développement Durable, certains semblent plus abordables que d’autres. Quand il s’agit d’aborder la question de l’élimination de la faim dans le monde ou de l’accès généralisé à l’eau, le grand public a en général une idée du sujet que l’on va aborder. Par contre, si on doit parler de l’ODD 9 « Industrie, Innovation et Infrastructure » ou encore de l’ODD 11 « Villes et communautés durables », l’affaire est plus compliquée.

C’est le défi que relève de manière pertinente l’outil « Habiter la terre en 2030 » !

Un outil qui explique les enjeux de l’ODD 11

Dans cette activité, les participant·e·s réparti·e·s en équipes, ont à leur charge le développement d’une grande ville du monde. Ainsi, les élèves se retrouvent à la tête du Cap, de Hambourg, de Tokyo, de Vancouver ou de Bogota. Pour ce faire, ils ont à leur disposition, un plateau leur indiquant différentes jauges qu’ils doivent faire en sorte de remplir : logement, services de santé, eau propre, environnement sain, transports et environnement social.

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Le but, avec ces différentes jauges est de constater la transversalité et l’interdépendance de ces problématiques dans la gestion d’une ville. Résoudre une difficulté liée à l’une d’entre elles aura nécessairement un impact sur les autres. Ainsi lorsque l’une des équipes choisit de présenter un projet de logement elle peut ainsi prendre conscience de la nécessité d’y associer le développement d’un réseau de transport adapté qui permettra non seulement l’intégration sociale des populations qui y résideront mais aussi la préservation d’un environnement sain en limitant la pollution.

Cette chaine d’impacts est d’ailleurs très bien illustrée dans la mise en œuvre de « happenings » qui peuvent être annoncés régulièrement par l’animateur·rice. Inattendus pour les jeunes, ils ont l’avantage de permettre d’aborder la question de la résilience et de constater que dans la gestion d’une ville, rien n’est jamais acquis, et que ce sont leurs décisions, en tant que citoyen·ne, qui construiront la ville de demain.

Ainsi, grâce à leurs initiatives, les jeunes ont réellement l’opportunité de matérialiser la notion de ville durable.

Un outil qui démontre que chacun·e peut être acteur·rice de la ville durable

Créativité, innovation et initiative sont donc les maîtres mots de cet outil. Les élèves, immergé·e·s dans les problématiques de gestion de leur ville sont pleinement acteur·rice·s des projets hypothétiquement mis en place.

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Malgré tout, l’une des difficultés de cette activité consiste à lancer les échanges. En effet, au début, les participant·e·s reçoivent le matériel : le plateau, les vignettes pour compléter les jauges, ainsi que l’explication du contexte de leur ville. Il·elle·s sont alors invité·e·s à en prendre connaissance et à trouver la manière de compléter leurs jauges. Aucune indication supplémentaire n’est donnée, si ce n’est la possibilité d’avoir recours aux autres équipes ou à l’ONU Habitat incarné par l’animateur·rice. Cette position peut être déconcertante pour certain·e·s jeunes, peu habitué·e·s à une telle liberté d’action. Pour résoudre cette difficulté, il est donc important, selon moi, à veiller à l’équilibre des profils dans la composition des équipes et rester attentif·ve à ce qu’aucune équipe ne reste dans l’inaction. L’idée est évidemment ici de provoquer la prise d’initiatives des élèves, pas de les mettre en difficulté. L’animateur·rice a alors un rôle de médiation fondamental.

Enfin, comme tout bon jeu d’Education à la Citoyenneté et à la Solidarité Internationale (ECSI), le jeu ne se suffit pas à lui-même. Au-delà du jeu de rôles, il est important de revenir, à l’issue de l’activité sur les éléments fondamentaux de définition de ville durable, de ce qu’elle implique et de sa faisabilité. D’expériences, le jeu permet également à de nombreux·ses participant·e·s, pendant cette phase de débriefing, de prendre conscience des inégalités existantes :

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    entre les différentes villes du monde,
  • entre les différentes populations de ces villes,
  • ainsi qu’entre les populations à l’intérieur même des villes.

Alors habiter la terre en 2030, oui, mais dans quelle ville ?… Une chose est sûre, à travers ce nouvel outil, les jeunes pourront apporter leur propre réponse.

Par Marion Hemery, chargée d’action éducative à KuriOz.

Téléchargez Habiter la terre en 2030 !